vendredi 22 novembre 2013

BiblioLux, La voie du magicien, Dr Deepak chopra

La Voie du magicien





Qui n’a pas entendu parler du légendaire Merlin l’enchanteur ? Enfant peut-être, vous me direz : les histoires merveilleuses ne sont plus de votre âge, il suffit de rêver. Et bien non, il ne suffit pas car le rêve peut devenir réalité ! Comment donc ? En suivant l’enseignement de Merlin à travers ses dialogues avec Arthur, celui qui deviendra le fameux roi du royaume de Camelot.
Ainsi Deepak Chopra met-il en scène 20 magnifiques leçons de vie pour nous aider à devenir des magiciens, c’est-à-dire à vivre notre vie de manière consciente et active. Alors bien sûr, ce sujet a été abordé par nombre d’autres auteurs, mais la particularité de ce livre, c’est son côté pragmatique et ludique : chaque chapitre énonce des leçons sur un même thème (l’amour, le désir, l’ego, les souvenirs, le temps, les préjugés, la vérité, etc.) sous la forme de maximes, lesquelles seront ensuite illustrées par un dialogue entre Merlin et Arthur le plus souvent, mais on rencontrera aussi d’autres personnages comme Perceval ou Galaad par exemple. Ce récit est suivi d’une explication (« Comprendre la leçon »), puis de conseils pratiques (« vivre la leçon »). Et si parfois la formulation de la leçon peut sembler ésotérique, la suite l’éclaire très simplement et tout devient évident ! Si ce n’est pas de la magie, ça…
Un exemple de leçon (chapitre 19) : « Les magiciens ne condamnent jamais le désir. C’est en suivant leurs désirs qu’ils sont devenus magiciens ».
Le livre se conclut avec un petit récit merveilleux qui répertorie les 7 étapes de transformation de l’être humain en magicien, sachant que selon Deepak Chopra, on naît magicien mais on l’oublie… il s’agit donc « simplement » de retrouver cet état.
Pour terminer, voici ce que Merlin répondrait à ceux qui se demanderaient qui il est:
« Je suis celui qui n’a nul besoin de miracles. Je suis un magicien et, pour moi, exister ici-bas est assez miraculeux. Qu’est-ce qui pourrait être plus miraculeux que la vie elle-même ? »
          
         Un voyage initiatique qui fait beaucoup de bien !

  Dr Deepack Chopra: La Voie du magicien, Les éditions J’ai Lu, collection Aventure secrète, 1997, 251p, 5€.

mercredi 20 novembre 2013

Série Lux, Le porc-épic footballeur

Le porc-épic footballeur





C’est l’histoire de Victor, un porc-épic hyperactif. Il avait tellement d’énergie qu’il épuisait continuellement son entourage. Dès qu’il fut en âge de marcher, il voulut pratiquer le kanoé, le full contact, le saut à la perche, la course à pied et mille autres sports sans compter la peinture, le djembé et le hip-hop. Ses parents qui peinaient à le suivre s’en plaignaient régulièrement au hibou cafetier du quartier. Or celui-ci étant aussi l’entraîneur d’une équipe de foot en déclin, il proposa de s’occuper de Victor et de ses excès : il promit qu’il saurait les canaliser. Le porc-épic se révéla assez vite un très bon joueur : il dribblait comme personne, était un as des coups francs et décourageait ses adversaires tant il aimait courir.  Ainsi les Black sauterelles furent-elles battues à plate couture, de même que les Belettes extrêmes et le Clan des Renards jaunes… Les victoires s’enchaînant, le porc-épic accaparé par les interviews, les déplacements et les émissions télé dut bientôt renoncer à ses autres activités. Il devint grincheux et courut moins vite. On lui demanda de changer de métier. Vivre à son rythme est la plus douce des libertés.

vendredi 15 novembre 2013

Série Lux, Ne pas avoir la langue dans sa poche

Ne pas avoir la langue dans sa poche





Personne ne devrait laisser sa langue dans sa poche. C’est dangereux, on ne sait jamais: imaginez qu’elle reste coincée au fond du puits de coton… ce qui semble confortable peut rapidement devenir asphyxiant. Et puis les langues sont comme les poissons, elles ont besoin de flotter tranquillement. Elles aiment sortir la tête de l’eau, faire des cabrioles, s'en retourner batifoler dans leur milieu naturel. Ainsi répugnent-elles à ce qu’on les enferme: elles ne sont pas nées pour vivre en cage et supportent très mal, comme n’importe quel animal, les règles de l'enclos. Elles tomberont malades si on les y contraint, soulèveront les microbes, infecteront la gorge, fabriqueront des angines, détraqueront thyroïde et amygdales en guise de rébellion maligne.  La langue est rancunière et se venge sans culpabilité de celui qui cherche à la menoter. Voilà pourquoi tant d’hommes n’ont pas la langue dans leur poche: craignant les représailles de la justicière, ils  préfèrent lui laisser un pouvoir autoritaire. Mais la peur ne règle pas les conflits intérieurs: en mauvais guide, elle conduit par erreur à des situations malsaines. Se sachant redoutée, la langue toute puissante se croira la nouvelle tête pensante: elle parlera sans arrêt et sur tous les sujets pour justifier sa souveraineté. Si elle ne cesse de briller en effet, on la laissera sans doute régner en paix.  Elle raconte, elle converse, elle explique, elle débat, elle se contorsionne et ne s’arrête pas. Elle grossit, se montre, en oublie le bonheur des instants de détente et d’ennui. Devenue une machine bien rôdée, elle ne sait plus se retirer dans le silence ressourçant de la bouche désertée. Coupée de sa source, elle se vide petit à petit de la magie des mots habités.  
     Ne craignez ni votre langue ni son silence ou vous finirez un jour par le payer… Tous deux comme chacun ne demandent qu’à être aimés.

mardi 12 novembre 2013

Série Lux, Le héron funambule

Le héron funambule




C’est l’histoire de Fantin le héron acrobate. Comme tous les hérons il avait appris à voler, mais il préférait marcher et ce depuis qu’il avait vu des cigognes de cirque se déplacer sur un fil. Elles se révélèrent si gracieuses qu’il en tomba aussitôt amoureux. Ainsi se mit-il en tête d’apprendre à évoluer avec élégance sur les fils électriques, sur les poutres de gymnastique, sur les clôtures de pâturage et sur tout ce qui s’apparentait au câble de ses bien-aimées. Il avait le projet de retourner les séduire après s’être suffisamment entraîné. Un jour où il exécutait quelques figures sur un étendage à linge, le raton laveur maître de maison l’interpela : ne voyait-il pas qu’il était en train de salir ses caleçons ? Le héron chassé se réfugia sur la balançoire de jeunes pingouins voisins. A peine commença-t-il son numéro que ceux-ci lui demandèrent d’aller faire ses pitreries ailleurs. Fantin dut se remettre à voler à contrecœur. Les élans amoureux paraissent souvent absurdes à ceux qui restent sur terre. 

 

jeudi 7 novembre 2013

Musées by Lux, Vanité, Simon Renard de Saint André

Vanité, Simon Renard de Saint André





Vanité est un crâne abandonné sur la table, un crâne seul mais couronné, l’envie fantomatique de régner encore… l’increvable souhait de briller en société, et ce quels que soient les sujets à persuader de sa valeur, même si celle-ci ne fut jamais à démontrer. La société des morts, peut-être, occupe-t-elle ses soirées à se gonfler d’orgueil, à clamer ses galons, ses conquêtes, ses victoires et tout ce qui fait un nom.  Car ici-bas le verre se casse et la chair périt, le laurier s’ennuie vite de n’être plus nourri. Les orbites creuses et la gorge asséchée, l’ego d’os tente vainement de s’accrocher à ce qu’il ne peut désormais plus embrasser. Même les dents lasses échouent à rayer le parquet… Sans doute se sont-elles abîmées de l’avoir trop fait. Choisir ses costumes, son vin, ses cachets ; aiguiser sa plume, ses jouets à siffler ; remplir ses jours et toutes ses années de la bulle illusoire des festivités : un emploi à temps plein que de se distraire de ce qui disparaîtra demain. A quoi bon s’enorgueillir de ce qui est programmé pour s’en aller? N’a-t-on pas meilleur compte à laisser le temps filer ?  L’attachement aux succès, aux plaisirs, à la gloire fait de nous des inquiets. Doit-on alors délaisser l’art, les délices et les banquets ? S’en détacher, seulement, pour les apprécier. N’ayons pas peur de perdre ce qui nous sera enlevé. Profitons des trophées de la terre, même s’ils ne sont que mets momentanés. Ne leur cédons pas le pouvoir, ou ils sauront nous enterrer. La joie est plus légère quand elle n’est pas conditionnée. 

Musée des Beaux-arts, Lyon: Vanité, Simon Renard de saint André, XVIIème siècle, Huile sur toile. H. 60; L. 43cm. 

mardi 5 novembre 2013

Série Lux, Le cygne costumé

Le cygne costumé

  
 

    C’est l’histoire de Campa, un cygne noir aux pattes de taureau. Depuis son plus jeune âge, il avait l’habitude qu’on le regardât d’un air suspicieux. Non pas à cause de ses sabots géants que personne ne remarquait, mais pour sa couleur qui semblait effrayer. Dès qu’il paraissait quelque part, on le croyait déguisé et on le questionnait sans égards au sujet de ce costume endeuillé. Est-ce qu’il était si sombre qu’il devait sans cesse se parer de son obscurité ? Ne se rendait-il pas compte qu’il déprimait tous ses frères immaculés ? Campa dut se résoudre à enfiler des bas de laine blanche et un gilet pour faire taire les quolibets. C’est alors qu’on vit ses bottes étranges et qu’on cria au titan. S’il se coupait les pattes, il s’attirerait l’estime des gens. L’exigence de pureté est le plus monstrueux des tyrans.